// Vous lisez ...

les TIC au service des projets culturels

Artilect: le futur dans l’interdisciplinarité

Katia Tobar/ Musicophages

En définissant les objectifs de l’association toulousaine Artilect, Yves Duthen, spécialiste en intelligence artificielle et réalité virtuelle, explique « c’est ici que se prépare le futur ». Voilà de quoi aiguiser la curiosité de Numérimusic.

L’équipe d’Artilect à Toulouse, c’est quelques professionnels et amateurs réunis chaque lundi à la Manufacture des Tabacs pour travailler sur des projets innovants liés aux nouvelles technologies.

Parmi ces projets, la fameuse « Rollin» de Gilles Conan.  Exposée de janvier à mars dernier pour symboliser la fermeture de l’espace du Bazacle, la roue composée de ses quinze pastilles lumineuses, a été réalisée en collaboration avec Artilect. Gilles Conan explique que la partie concernant la programmation informatique nécessitait l’intervention des adhérents de l’association.

"Rollin'" de gilles conan/ gilles conan

Autre projet : celui de Jacques Sierpinski. Le photographe toulousain prend contact avec Artilect dans un cadre bien précis : réaliser les portraits de scientifiques renommés. L’équipe d’Artilect  lui crée un logiciel permettant de déformer les photographies et de croiser les effets au grès de l’inspiration de l’artiste.

Mais le projet phare du moment reste l’imprimante 3D.  Issue du MIT (Massachusetts Institute of Technology) à Boston, l’imprimante 3D est une technologie permettant d’imprimer un objet réel, une figure géométrique à partir d’un logiciel de modélisation. Cette technique a révolutionné l’architecture, le design mais aussi les techniques industrielles. Très développée en Inde et dans de nombreux pays en développement, « l’imprimante 3D permet de produire à moindre coût », explique l’équipe d’Artilect.

Imprimante 3D

Artilect est une plateforme, « un lieu d’échanges et de rencontres, un lieu d’interdisciplinarité où se mêleraient artistes, architectes, informaticiens, électroniciens, programmeurs »,  explique Nicolas Lassabe à l’origine du projet. « L’objectif est d’unir des compétences trop souvent communautarisées ».

Artilect offre aussi une formation académique avec les « ateliers œuvres interactives ». Parmi les activités proposées, la réalisation d’une carte Arduino. Sous logiciel OpenSource, Arduino est un processeur qui fonctionne à l’image d’un mini-ordinateur. Composée de micro-contrôleurs, la carte est reliée à des capteurs afin de détecter le public présent lors d’une exposition par exemple.

Des conférences scientifiques sont aussi régulièrement organisées par Artilect. Lors de la dernière conférence organisée en octobre 2009, le chercheur du CNRS Bruno Gaume a présenté les « Small World ». Selon le scientifique, les réseaux sociaux, linguistiques et la webologie ont des propriétés identiques et font partie de la classe des « Réseaux Petits Mondes ».

Chaque projet réalisé par les membres d’Artilect est un projet OpenSource. Nicolas Lassabe souhaite « distribuer les méthodes de fabrication des projets » afin de respecter une certaine philosophie, celle d’une « technologie au service de valeurs plus humanistes ».

A long terme, l’objectif d’Artilect est de devenir une Fab Lab, un « atelier composé de machines-outils pilotées par ordinateurs et par de nouvelles technologies, pouvant fabriquer des biens de nature variée ». A l’origine, les Fab Lab avaient pour objectif d’augmenter la productivité et la créativité d’une communauté en mettant à sa disposition un atelier technologique.

En attendant son statut de Fab Lab, Artilect se prépare pour la Novela, le festival des savoirs qui aura lieu du 1er au 17 octobre 2010 à Toulouse.

Pour la Novela, « on va proposer une œuvre éphémère en perpétuelle reconstruction » explique Nicolas Lassabe. Une œuvre composée de mailles de fer et d’aimants qui sera chargée de « graver dans la matière les interactions entre les individus venus modifiés l’œuvre en déplaçant les aimants ».

Exposée au centre culturel de Bellegarde, cette œuvre collective aura pour thème la mémoire. Nicolas Lassabe espère ainsi éveiller les consciences sur le temps et les empreintes qu’on y laisse.

Les Musicophages